La “chaleur” est clairement le qualificatif le plus utilisé en production musicale et sans doute une des caractéristiques les plus recherchées.  Concept flou et subjectif s’il en est, je vais tenter de vous expliquer concrètement comment injecter un peu de bois de chauffage dans votre musique.

J’identifie ci-bas cinq sources de “chaleur” possible, soit la performance musicale, les artefacts, la balance tonale, la saturation/compression, la réverbération.  J’utiliserai une boucle de percussion pour démontrer les différences entre la version “froide” et la version “chaude”.  Pour bien entendre la différence, essayez d’utiliser vos meilleurs écouteurs.    


Performance : c’est la base de la musique, c’est tout.  Prenez, par exemple, une chanson jouée à la guitare par un petit nerveux sur youtube et comparez avec un musicien expérimenté de haut calibre.  C’est clair que vous allez vous abandonner davantage en écoutant la performance du vieux sage que du p’tit singe.

Les artefacts : Ici, nous avons affaire à la caractéristique la plus subjective d’entre toutes.  Le vinyle ou les vieux enregistrements regorgent d’artefacts sonore.  Par artefacts, on signifie des altérations de la source sonore ou encore des éléments indésirables qui se retrouvent dans l’enregistrement.  Parmi les artefacts connus on retrouve le wow, le flutter, la distorsion, les “scratch” et les “clic” propre au vinyles pas propre ainsi que le bruit de fond typique des bandes analogiques.  Cette “chaleur” provient probablement du sentiment de réconfort que nous procure ces souvenirs sonores.  Les bruits de fond du vinyl peuvent s’apparenter au crépitement d’un feu de camp.  Finalement, c’est un peu comme sentir l’odeur de la sauce à spagg (ou autre plat magique) de votre maman, cela vous met dans un état de bien être réconfortant.

Version originale 
Version avec artefacts

Balance tonale : Les hautes fréquences sont plus glaciales et tranchantes, en contre partie une pièce mixé avec un contenu harmonique davantage axé dans les low-mid créera une texture plus veloutée, enveloppante, sombre et donc plus chaleureuse.  Les mastering modernes ont tendance à concentrer l’énergie dans les hi-mid.  C’est un vieux truc de pro qui permet de donner l’illusion d’une production plus forte en agressant l’oreille là où elle est la plus sensible (voir : la guerre du son).  C’est à mon avis une plaie qui fait qu’on se retrouve avec une quantité quasi infinie de musique “jetable”.

Version originale 

Version “low-mid”


Compression / Saturation : La compression est notre amie, mais elle peut devenir notre pire ennemi si utilisée abusivement.  Un compression assez douce avec un ratio bas permet de rapprocher les éléments présents sur la piste.  En effet, la compression va baisser le son des éléments les plus fort pour les ramener plus près des éléments moins fort.  Cela va permettre de mieux percevoir les ambiances captées par les microphones. L’impression de proximité sera perçu comme de la “chaleur”.  La saturation tant qu’à elle, crée le même effet que la compression, en plus d’enrichir légèrement le contenu harmonique.        

Version originale

Version compressée

Reverb room : Un instrument va déployer pleinement sa richesse s’il est joué dans une pièce avec une acoustique intéressante.  C’est un concept vieux comme le monde.  C’est pourquoi les grandes salles de concert sont conçues par des experts en acoustique.  Le fait de sentir la pièce dans un enregistrement va ouvrir l’espace et créer un sentiment rassurant et donc de la chaleur.  

Version originale

Version “room”

Et vous, quels sont vos trucs et idées pour injecter un peu de chaleur dans votre musique?

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