C’est de Jérôme Minière sur l’album, « La nuit éclaire, le jour qui suit ». Mon amoureuse a écrit ce bout de chanson sur un tableau noir chez moi. J’ai l’occasion de croiser ce tableau plusieurs fois par jour étant travailleur autonome à la maison. (joie!)

Tout ça pour dire qu’elle m’a fait réfléchir pas mal cette courte phrase. J’ai essayé de déchiffrer la signification qu’elle pouvait avoir chez moi. Je crois avoir trouvé mon interprétation personnelle et j’aimerais vous la partager.

Cette pensée s’applique très bien aux activités créatives. Certaines idées montent en nous peuvent sembler déplacées ou dérangeantes. On pratique alors l’autocensure pour plaire, pour éviter les risques. J’ai lu quelque part qu’une des plus grande peur de l’être humain après la mort ou la souffrance physique est la peur de s’exprimer en public. Nous sommes des animaux sociaux hautement interdépendant et l’évolution a favorisé un certain conformisme dans les idées du groupe pour assurer sa cohésion et par conséquent sa survie. Dans notre passé primitif, un individu avec des idées ou des comportements divergents du groupe risquait l’exclusion, la solitude, la faim, le froid et potentiellement la mort. Avec l’apparition du libéralisme, les mentalités ont changées et la collectivité s’est mise à accepter plus facilement les idées à contre-courant et éventuellement les intégrer lentement aux idées dominantes. Par contre la peur animale qui s’est formée au cours de l’évolution demeure tel un échafaud jadis utile à notre construction, mais qui, dans le présent contribue à freiner l’expression d’idées plus audacieuses.

Combattre cette tendance au silence, à l’autocensure, relève donc d’un certain courage
. Un combat contre une partie de soi-même en quelque sorte. Une partie du rôle de l’artiste à mon avis est de questionner la réalité en place, et créer de nouvelles impulsions qui provoquent le mouvement. Cela s’applique dans toutes les sphères de l’action humaine en fin de compte… Ce n’est pas en se collant au travail des autres ou en longeant les murs qu’on se met au service de la collectivité.

Bref!
Combattre l’instinct de conservation qui loge en chacun de nous est à mon humble avis un but très noble.