J’ai honte. Hier pour la première fois j’ai écouté l’excellent documentaire RiP : A Remix Manifesto, trois ans en retard… Pour ceux qui ne l’ont pas vu encore (et qui devraient comme moi avoir honte) je vous le suggère fortement, car l’enjeu est d’une grande importance et le traitement est clair et limpide dans ce documentaire. On y parle de la propriété intellectuelle en prenant l’exemple de la musique et de l’industrie qui l’englobe (ou du moins ce qui en reste). On vise également plus large en faisant une courte insertion autour des enjeux liés au développement scientifique. La problématique est toute fin pratique assez similaire.

Je ne vous ferai pas un résumé complet, étant donné que le film est la portée de votre souris et qu’il dure seulement 84 minutes. Mais j’aimerais tout de même afficher le dit manifeste du remixeur qui résume grossièrement l’idée du film.

1.La culture se construit toujours sur le passé
2.Le pouvoir établi du passé cherche toujours à contrôler l’avenir
3.Notre avenir est de moins en moins libre
4.Pour construire des sociétés libres nous devons limiter le contrôle du passé sur l’avenir

Quand on dit que tout est politique, c’est encore le cas ici. On parle d’entités dominantes qui cherchent à préserver leur position sociale avantageuse on tenant de contrôler l’information, la connaissance, d’encadrer (diminuer) les libertés individuelles à l’aide de puissants lobby, la même chansonnette quoi. Le bien commun???!! De kesé?

Nous sommes les autres.

J’ai tendance à m’expliquer plusieurs choses de la vie en passant par Henri Laborit qui a mon avis à mis le doigt sur quelques jolies vérités. Henri Laborit a entre autre écrit « L’éloge de la fuite », dans ce livre il y a une chapitre sur « les autres ». Grossièrement, ça dit que nous sommes comme individus, tu es, et je suis une construction culturelle, accumulation des expériences et connaissances des autres qui sont passés avant nous au cours de l’aventure humaine. Ce qui est à mon avis assez irréfutable jusqu’ici. La culture qui nous entoure, le langage, les comportements sociaux, la technologie, presque tout est de l’acquis chez l’animal humain. Tout provient des autres qui nous ont précédés, et qui ont construit le nouveau en s’inspirant du passé. Il est naïf de croire qu’il est possible d’inventer quelque chose qui vient à 100% de soi, une forme d’illumination divine hors de l’histoire. Croire cela serait faire preuve d’un égo démesuré. Donc, en propriété intellectuelle, il est théoriquement faux de dire qu’une idée appartient en totalité à la personne qui l’a mise de l’avant. Elle appartient aussi partiellement à tout ceux et celles qui ont construit la connaissance préalable à cette idée. Donc, à la société entière, au domaine public, ultimement, à l’Humanité (avec un grand H). Vous voyez le concept?

Nous sommes donc des canaux qui reçoivent une quantité de données, information, celles-ci provoquant de nouvelles connexions neuronales au coeur de notre mémoire associative dans notre cerveau. Et hop, une fois tout ça remâché, on créée, on sort des idées. La création est donc une multitude d’échantillonnage des idées des autres, passé et présent inclus. Le jeux du téléphone, avec une recherche d’un maximum de déformations.

En tentant de contrôler chaque parcelle d’information et de connaissance, en y allouant une propriété privée restrictive, on ralenti considérablement l’avancement du champs des connaissances et ce à tous les niveaux, autant culturel que scientifique. Encore une fois je m’explique la situation par Laborit qui dirait que la problématique est issue d’une recherche de dominance primitive. Les humains qui sont dans une position hiérarchique supérieure vont tenter de contrôler l’accès à la connaissance (la richesse) pour tenter de scléroser les mouvements de classe.

La vie c’est le mouvement, asteur allez jouer dehors!