Le problème numéro un avec les “plugins”, c’est qu’il y en a trop! Ce sont des outils fantastiques, mais ils peuvent carrément nous distraire du véritable travail à accomplir. C’est-à-dire créer des oeuvres musicales que les gens auront le goût d’entendre encore et encore.

Votre rôle en tant que mixeur est d’aller chercher ce qui est véritablement important dans une pièce musicale. Vous devez éliminer tous les éléments qui viennent distraire l’attention de l’auditeur et diriger celle-ci tel un chef d’orchestre. Votre action doit s’opérer discrètement. Au final, on ne devrait pas avoir conscience qu’une chanson est “mixée”. Si on entend les effets où qu’on y porte trop d’attention c’est probablement que ceux-ci prennent le dessus sur le contenu émotionnel de la pièce. La mixe devrait être à ce point efficace qu’on oublie les éléments techniques et qu’on arrive à entendre l’amalgame des instruments comme un tout.

J’aimerais vous suggérer un exercice pour retourner à l’essentiel. Débutez votre prochain mixe sans appliquer aucun effet. Travaillez le plus longtemps possible avec seulement les “faders” et les “panning“. Ensuite, quand vous sentez que vous ne pouvez plus aller plus loin, choisissez un seul compresseur et un seul égalisateur. Appliquez-les seulement si nécessaire. Créez un maximum d’automatisation pour générer du mouvement, de la surprise, mais surtout pour dégager l’espace quand un nouvel élément d’arrangements se présent et qu’il doit prendre la place. 

N’ayez pas peur d’utiliser le bouton “mute”. Si vous discernez difficilement un instrument à un certain moment dans le mixe, c’est qu’il est probablement devenu une nuisance à cet instant précis. Éliminez-le pour mieux revenir plus tard. Pour une chanson de type “populaire” (expression large) essayez de limiter les arrangements à 4 ou 5 éléments maximum simultanément. Cela crée beaucoup plus d’impact et laisse le champ libre pour la voix.

Dans l’art du mixage il est souvent plus avantageux de réfléchir comme un musicien et comme un mélomane que comme un technicien. Il faut bien évidemment maîtriser une large banque d’information technique pour être flexible et efficace, mais ultimement, il faut arriver à jouer de la console (ou du Cubase/ProTools) comme un virtuose jouerait du piano.