La gestion des métadonnées en mastering audio reste une tâche primordiale lors de l’étape de production finale. La session de mastering comporte deux étapes principales : celle du pré-mastering et celle du mastering.
Notez la redondance des termes ici… C’est qu’on n’utilise plus vraiment le terme pré-mastering, car il va de soi. Grosso modo, le pré-mastering implique le travail technique et esthétique sur les mix fournis par l’artiste. Le mastering, c’est la mise en contexte sur un support physique ou numérique, c’est-à-dire bien nommer les fichiers audio, préparer les espaces entre les chansons et entrer correctement les méta-données. Jusqu’ici vous me suivez ?
Une fois le travail sur l’audio terminé et approuvé, on passe à l’assemblage. Votre musique achevée, lancée dans le monde, peut se perdre sous un flot presque infini d’informations. Une bonne identification des pistes et des créateurs aidera également à percevoir les redevances qui vous reviennent.
Même si les métadonnées concernent surtout l’étape du mastering, elles s’inscrivent dans la continuité du mixage et garantissent une bonne transition entre les deux.
Dans cet article, je ferai un survol des différentes informations qu’on peut stocker dans les fichiers numériques ou dans un disque compact.
Label Copy
Quand on travaille avec une compagnie de disques, il arrive qu’on reçoive un « label copy ». C’est un document texte qui donne toute l’information relative à l’album : noms des chansons, nom de l’artiste, titre de l’album, compositeur, ISRC, temps des chansons, etc. Ces informations seront entrées dans le CD-Text du logiciel de mastering. Pour les artistes auto-produits on communique généralement ces informations directement par courriel.
Nomenclature des fichiers
Comme je le mentionnais plus tôt, je préfère enlever les accents, les majuscules et les caractères spéciaux sur les noms de fichiers numériques. Les Mac et les PC n’utilisent pas les mêmes jeux de caractères, donc selon la plateforme certains caractères peuvent mal afficher.
Il est donc recommandé de nommer vos fichiers audio finaux (masters, pochettes, exports) sans accents, sans espaces et en minuscules pour éviter toute erreur.
ISRC et UPC
Les ISRC (International Standard Recording Code) sont des codes d’identification uniques qui permettent de distinguer chaque chanson. On peut les obtenir via des organismes de gestion de droits voisins comme la SOPROQ ou par des sites internet spécialisés. Les codes ISRC peuvent être entrés dans les métadonnées d’un CD ou des fichiers WAV et MP3.
Le code UPC est le numéro lié au code-barres qu’on retrouve sur tous les produits officiellement en vente sur le marché. Il peut être entré dans les métadonnées si vous en avez un, ou être reproduit à l’impression sur une pochette.
Une bonne pratique à observer pour la personne ou l’entreprise qui produit l’enregistrement est de conserver les codes ISRC et UPS passés sur un document clair et facile à retrouver dans le futur.
Distribution numérique – Streaming (Spotify, Apple Music, Deezer, Tidal, etc.)
Pour la distribution sur Spotify, Apple Music ou Deezer, ce sont généralement vos distributeurs numériques (ex : DistroKid, CD Baby, TuneCore) qui gèrent l’intégration des métadonnées (artiste, titre, ISRC, UPC). Mais le travail de mastering reste crucial pour fournir des fichiers bien nommés, clairs et sans erreur. Le mastering précède directement la distribution. C’est donc le moment idéal pour rassembler et clarifier toutes les informations.
Lorsqu’on « upload » (ou plutôt téléverse) les fichiers au distributeur numérique, on peut mettre les accents et caractères spéciaux sans problème dans les champs demandés. Il existe également un champ pour les ISRC.
C’est généralement le client (artiste ou label) qui s’occupe de cette tâche, après la session de mastering. Il est évidemment très important de vérifier attentivement qu’il n’y ait pas d’erreurs, car la correction de ces informations est difficile à obtenir par la suite.
ID3 Tags
Les fichiers compressés MP3, AAC, FLAC, etc. ont un système de métadonnées intégré. Personnellement, j’insère ces informations à l’aide du logiciel HOFA CD-Burn.DDP.Master PRO. Un logiciel convivial et professionnel pour effectuer l’ensemble des sorties finales. CD, WAV et Vinyles.
WAV et BWAV
Les champs de métadonnées dans les fichiers WAV ne sont pas standardisés, puisque ce format n’a pas été conçu pour la distribution de données, mais pour le travail et l’échange entre les logiciels de création.
Les fichiers haute résolution servent surtout à fournir les distributeurs numériques, qui encodent ensuite en fichiers de distribution AAC, MP3, etc., ou directement pour les plateformes de streaming.
Une variation du WAV existe, soit le Broadcast Wave Format (BWF). C’est une extension du format WAV standard, développée par l’EBU (European Broadcasting Union). L’idée est de garder toute la compatibilité du WAV classique, mais d’y ajouter des métadonnées standardisées qui sont utiles en diffusion, en postproduction et en mastering.
On pourrait penser que le BWAV avec métadonnées et ISRC servira surtout à la vente de fichiers musicaux HD. Sinon c’est un format un peu sous-utilisé qui ne semble pas avoir d’adoption populaire dans le milieu de la musique.
Sur un disque physique
Quand on fait un master pour de la duplication CD, on peut le faire de deux façons : soit en gravant un CD-R de bonne qualité( de plus en plus rare…), soit en créant une archive DDP (Disc Description Protocol). Je préfère de loin fournir des DDP aux compagnies de duplication, car on peut les envoyer tout simplement par internet. Pas besoin de support physique, donc pas de possibilité de bris ou d’altération des données durant le transport.
De plus, le DDP utilise un fichier nommé « checksum » qui sert à s’assurer que les données archivées sont demeurées intègres une fois ouvertes à l’usine de réplication. Dans les deux cas, on fonctionne sous un même système de métadonnées.
Il existe plusieurs logiciels professionnels qui permettent de faire un master pour CD et d’intégrer les métadonnées lors de cette étape. Personnellement, pour mes services de mastering, j’utilise HOFA CD-Burn.DDP.Master PRO ou Wavelab de Steinberg
Pour vinyle
C’est tout simple, il n’y a pas de méta données sur un disque vinyle…
Pourquoi c’est crucial aussi pour les artistes indépendants
Sans métadonnées précises, votre morceau peut :
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ne pas être reconnu correctement sur les plateformes,
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compliquer le suivi de vos revenus,
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perdre en visibilité dans les catalogues de streaming.
Une bonne gestion des métadonnées en mastering assure que votre musique circule avec la bonne identité et vous protège contre la perte de droits ou les erreurs d’attribution.
Conclusion
Bien que ce ne soit pas le sujet le plus éclatant de la production musicale, la gestion des métadonnées en mastering est essentielle. Elle peut faire la différence et éviter à votre musique de se perdre dans l’immense soupe informationnelle du web et des plateformes de streaming.


Bonjour,
j’aimerais savoir, lors de la gravure pour le pressage, y a t’il toutes les informations de l’image DDP dans le cd audio du commerce. Si oui y a t’il un logiciel pour vérifier que le cd audio du commerce contient bien toutes les informations de l’image DDP. Quand je fais allusion à l’image de DDP, je pense surtout au code ISRC dans le cd audio du commerce… merci pour vos réponses. Bien cordialement