Ce qui est particulièrement bien avec la musique, que dis-je, ce qui est passionnant avec la musique c’est que nous sommes transportés instantanément dans un autre monde.  Qu’il soit douillet et chaleureux ou angoissant et ténébreux, la musique possède cette puissance incroyable.   L’efficacité est décuplée quand le boulot de production est bien fait d’un bout à l’autre de la chaîne, c’est-à-dire de la composition au matriçage.  

Au milieu de tout cela, votre rôle en tant que mixeur est de créer un panorama, d’ouvrir l’espace pour créer l’illusion que ce monde parallèle trouve son entrée par les hauts-parleurs.  Pour ce faire, voici quelques petits trucs techniques que vous pouvez appliquer sur votre projet et adapter à votre guise.




Le “reverb” comme une tapisserie de fond :

À l’étape de la prise de son vous devriez songer enregistrer la réverbération naturelle de la pièce dans le cas où ladite pièce possède une acoustique intéressante.  Dans le cas contraire, allez-y le plus “dry” possible et appliquez des reverb de qualité au mixage.  

Donc, pour créer un effet de perspective, un contraste, choisissez un ou deux instruments que vous aller envoyer dans un reverb assez long.  Mixez ce reverb pas trop fort, assez pour délimiter un genre de mur virtuel et situer l’espace dans lequel la chanson se déroule.  

Sur un instrument percussif vous pouvez essayer de compresser le retour de reverb avec une attaque rapide et une relâche semi-rapide.  De cette manière vous entendrez la crête du son intacte et définie, mais le son “wet” (avec reverb) à l’arrière jouera tout de même son rôle en tant que délimitation spatiale.  

Vous pouvez également essayer de jouer avec le “pré-délais” du reverb, la plupart des modules présentent ce paramètre.  Le pré-délais vous permet de détacher le son du reverb du son “dry”.  

Ouverture par le haut et par le bas :

Prenez les instruments qui possèdent un maximum de hautes fréquences dans votre chanson.  Essayez d’exagérer ces fréquences avec un “hi-shelf” pour voir jusqu’où vous pouvez aller sans dénaturer le timbre sonore.  Prenez une petite pause d’écoute et revenez à une valeur qui préserve tout de même l’intégrité de l’instrument.  Faites la même chose avec l’instrument qui va le plus bas dans le registre.  En ouvrant ainsi vous dégagez de l’espace dans les fréquences médianes et vous utilisez au maximum le registre disponible.    

Attention à l’agression sur les mids :

Vous voulez que l’auditeur monte le son, parce que c’est signe que la chanson est bonne et que l’effet fonctionne.  Pour y arriver, allez chercher l’attention subtilement.  Un mauvais mix présente généralement une sur-représentation des fréquences médianes qui est souvent due à une technique déficiente et une mauvaise utilisation du bouton solo.

Utilisation intelligente de la compression :

La compression ne sert pas qu’à monter le volume sonore perçu.  C’est surtout un outil qui permet de sculpter les dynamiques.  Tout comme l’égalisateur permet de gérer les conflits de fréquences, le compresseur permet d’éviter les conflits dynamiques.  Donc, essayez ceci, compressez seulement les instruments secondaires que vous préférez entendre à l’arrière plan dans un mix.  Par exemple, si vous avez une guitare et une voix et que vous voulez que la voix exprime clairement sa présence, tentez de compresser la guitare avec une attaque assez rapide.  En contre partie, ne compressez pas la voix, son étendue dynamique élargie donnera un effet de grandeur.  C’est comme si vous choisissiez quel instrument fera bouger vos haut-parleurs en priorité.  

Comme on dit souvent, si tout est gros dans un mix, alors tout est petit.  Vous devez créer du contraste pour donner de la dimension.