Malgré ce qu’on pourrait croire, le mixage d’une pièce musicale n’est pas qu’un travail technique. C’est une forme d’art et donc d’expression qui se fonde sur la connaissance d’une multitude de techniques. Comme mixeur j’effectue une recherche esthétique permanente pour retrouver ce qui m’a fait vibrer à l’écoute de mes influences passées et présentes. À chaque nouveau projet, j’essaie de développer l’environnement sonore qui va me transporter ailleurs et qui va élever l’auditeur. L’amener à ressentir un peu plus son humanité. Voici un acte plutôt subversif à l’époque de l’insignifiance et du « même mes bobettes intelligente sont branchées sur le web 2.0». Le mixage est également une recherche de vérité et d’objectivité par la connaissance de la physique du son et des biais psycho-acoustiques du cerveau humain.
Avec cet art, on peut facilement se perdre et, pas plus fin qu’un autre, je me suis déjà perdu à quelques reprises. On peut faire des comparaisons de micro, de compresseurs et autres outils jusqu’à plus soif. Argumenter sur des détails insignifiants comme la meilleure fréquence d’échantillonnage à l’enregistrement.  Pousser la compréhension et la maîtrise technique à la recherche d’un son parfait c’est bien, sauf que ça peut devenir futile au delà d’un certain point. La technique est l’outil, c’est la clé qui permet de déployer pleinement les idées que l’on désire exprimer. Cependant, il est important de garder en tête que ce qui est réellement significatif en musique, c’est l’émotion qu’elle tente de véhiculer.