La beauté existe là où l’égo n’est point.  
-Juddi Krishnamurti

Lorsque je donne une formation en mixage musical à quelqu’un je commence toujours en mettant bien au clair la nature de cet art.  Comme le titre le dit, on travaille d’abord pour la chanson, comme un musicien dans un groupe, ou orchestre comme dirait ma grand-mère.  On doit oublier son propre égo pour servir un ensemble plus large qui dans le cas qui nous intéresse s’adonne à être une pièce musicale.  Ça l’air bien simple comme ça, mais c’est facile à oublier en cours de processus. 

Effectivement, quand on est en face d’un ordinateur avec plein de plugins, pleins de boutons, plein de belles couleurs.  On peut avoir le goût de s’amuser plus que la chanson en demande.  Un peu comme un guitariste exalté qui se tire un grand solo pas possible.  On pourrait tenter de faire sonner la section rythmique plus grande que nature avec de la grosse basse méchante, mettre la guitare dans la face de l’auditeur pour l’impressionner, expérimenter des effets “fuckés” dans la voix.  Par contre, on doit toujours se poser la question, est-ce que ça nous éloigne de l’émotion que la pièce tente de transmettre?

Notre travail est comme celui d’un voleur, sauf qu’au lieu de prendre on donne.  On doit agir en toute subtilité, personne ne devrait deviner notre passage.  C’est à ce moment que l’auditeur arrive à s’échapper dans un univers parallèle sans être dérangé par le bricolage technique ou le gros égo du mixeur qui veut qu’on remarque son travail.