Je suis en train de lire un excellent livre écrit par David Byrne du groupe Talking Heads.  Le livre s’appelle “How music works“.  Dans ce livre M. Byrne parle des ses réflexion par rapport à différents aspects de la musique en passant par la performance sur scène à l’histoire reliés aux différents médiums, et l’aspect industrie culturel.  Bref, un beau fourre tout, bien ordonné et agréable à lire.

Par contre un petit détail m’a piqué en tant que “geek” du son.  Notre amis David propage un mythe par rapport à l’audionumérique que j’entends trop souvent de la part des intégristes des enregistrements analogiques (le terme est fort, je l’admet).  Ces derniers nous disent que le numérique n’offre pas une aussi grande fidélité parce qu’on peut entendre les échelles du son numérisé. 

Analogique (haut) VS Numérique (bas) ça ressemble à ceci. 

En regardant ça, on se dit que c’est bien certain que le numérique ne sonne pas aussi bien que l’analogue, que l’information est altéré et qu’en se concentrant bien on arrive à entendre les petites échelles.  Et qu’évidemment, c’est une des causes de la fameuse et terrible “froideur” du numérique.

Alors, si on sort le bullshit-o-mètre qu’est-ce que ça dit exactement?  Ça dit foutaise les copains.

Dans tout système audio-numérique il y a un convertisseur qui sert à passer d’un domaine à l’autre, numérique à analogue ou vice-versa.  Tous les convertisseurs ont à l’intérieur un filtre que l’on appelle “Sample & hold” qui sert à reconstruire un signal continu à l’aide des petites échelles numériques encodées.  Ce filtre agit comme quelqu’un qui fait un dessin du type “reliez les points”.  Le processus peut induire des erreurs de quantification qui causent une distorsion ou un bruit de fond numérique.  Cependant, ces erreurs sont tellement minimes qu’elles sont inaudibles, d’autant plus qu’elles sont couvertes par la musique sur le médium (lire effet de masque).  Pour les puristes de l’analogique, dites vous que les erreurs de quantifications se retrouvent à plusieurs dB en dessous du seuil de bruit et de distorsion qu’une table à vinyl nous offre. 

Donc, le prochain d’entre vous qui croise David Byrne, faites lui le message svp.  Merci.

Ajout : 

Qu’est-ce que la distorsion?  Ce n’est pas simplement quelque chose qu’on retrouve dans les sons de guitares.  Distorsion ça veut dire déformation, altération. À la base c’est non désirable, mais on peut s’en servir comme effet spécial dans un processus créatif.  Exemple, un signal d’origine est considéré pur, on le met dans un système qui en théorie devrait préserver sa qualité (radio, cassette, cd, etc).  À la sortie du système, le signal est différent.  On dira donc qu’il a induit une distorsion.  La distorsion peut se calculer en pourcentage d’altération.  Bref, plus un système de son est dit de haute-fidélité, moins il induit de distorsion.