Un peu des deux en fait.

Certains vous diront qu’il faut mixer davantage à bas volume pour arriver à un résultat optimal.  Bien fait pour eux.  Mais je vais vous expliquer pourquoi ils ont partiellement tort.

D’abord, un élément psychoacoustique (étude des sensations auditives de l’humain) de base que vous devriez connaître pour commencer à être vraiment sérieux dans votre travail de mixage sont les courbes isosoniques de Fletcher Munson.   Hop. 

Grosso modo, ce sont des courbes de compensation.  Donc prenez le trait de 20 dB.  Sur l’axe des X à 1000 Hertz ça tombe à 20 dB, sur l’axe des Y.  À 100 Hz ça prend 50 dB, donc 30 de plus pour avoir l’impression d’entendre cette fréquence au même niveau qu’au 1000 précédent.  Pas encore clair?  D’accord.  Tout ce que ces courbes disent c’est que nos oreilles sont plus sensibles et efficaces dans les “mids”.  C’est là que la plupart de l’information qui concerne notre survie se retrouve, merci Darwin.  Plus on augmente le volume, plus on se retrouve avec une impression d’un son égal sur toute la bande de fréquence.   Voilà pourquoi c’est excitant d’écouter de la musique forte, entre autre.

Qu’est-ce que ça vient faire dans mon mixe ça?

Justement, tout.  Si vous mixez à bas niveau, vous aurez tendance à mettre plus de contenu dans les basses et les hautes pour compenser le fait que vous les percevez moins.  Au contraire, à haut niveau, vous aurez tendance à trouver qu’il y a un excès de hautes et de basses, et donc d’en couper.  Ce qui résultera en un mixe plus mince au niveau d’écoute dit normal.  L’expérience nous démontre qu’un niveau d’écoute moyen se situe entre 80 et 83 dB pour de la musique.  C’est donc un bon repère pour mixer.  Évidement, c’est pas méchant de tester à haut volume et à bas volume question d’entendre si le mixe tiens la route.

En fait, les oreilles, d’un point de vue psychoacoustique ce n’est pas très stable, et ces petites bêtes là s’adaptent rapidement au son en présence.  Mon conseil serait donc de mixer à un niveau moyen, près de 80 et de varier périodiquement.  Alterner les systèmes d’écoute, mais surtout prendre de courtes pauses régulières entre les différents changements, question de “réinitialiser” ses oreilles.

À noter également que mixer à haut niveau dans une pièce qui n’est pas traitée acoustiquement va altérer considérablement le son et risque de donner de piètres résultats que vous allez transférer votre mixe dans d’autres salles/conditions/ailleurs.

Voilà.